un lac mort conférence du 7 mai 2010

 

Le lac Victoria ou Nyanza (encore appelé lac Ukéréoué - Ukerewe -, ou Nalubaale) est le plus grand lac d'Afrique et le deuxième au monde en termes de superficie avec 68 100 km2. Il doit son nom à l'explorateur britannique Speke qui fut en 1858 le premier européen à l'atteindre, et qui le baptisa en l'honneur de la Reine Victoria.
Situé en Afrique de l'Est, au cœur d'une zone densément peuplée, il est bordé par le Kenya au nord-est, l'Ouganda au nord et au nord-ouest et la Tanzanie au sud, sud-ouest et sud-est. Occupant une dépression encadrée par les deux branches de la vallée du grand rift, il est la source du Nil Blanc, le plus long affluent du Nil.
Traversé par l'équateur, le lac Victoria est peuplé d'une faune et d'une flore tropicale variée mais menacée par la surexploitation des ressources naturelles et la destruction des milieux

 

 

 

 

 

 


Topographie
D'assez faible profondeur (40 mètres en moyenne, 83 mètres au maximum) et situe à 1 133 mètres d'altitude, le lac occupe une dépression formée par des mouvements tectoniques et encadrée par les deux branches de la vallée du grand rift formé il y a quatre millions d'années.
Grossièrement rectangulaire avec 320 kilomètres de longueur (du nord au sud) et 275 kilomètres de largeur (d'est en ouest), le lac possède des rives très découpées formant de nombreuses péninsules, presqu'îles, baies, caps et plus de 3 000 îles, la plupart inhabitées.




Les européens atteignirent le lac Victoria qu'en 1858. C'est un explorateur britanique, John Hanning Speke atetint son bord sud , et lui donna le nom de la reine d'Angleterre de l'époque.  ici un ibis se repose sur des jacinthes d'eau. Il y a quelques années, ces jacinthes recouvraient une grande partie du lac. ce qui a pour résultat de couper la lumière et de détruire la vie qui se trouve sous ces champs de jacinthes. On a finit par réussir à les détruire en utilisant un broyeur monté sur des bateaux. Les jacinthes broyées fournissent un bon  compost.
La température de l'eau est de 24 à 27° C en surface en saison de pluie et de 23 à 24° C en saison sèche. Près du fond elle est inférieure de 1 à 2° C. 

 

 

 

 


Les eaux du Lac victoria s'écoulent par le Nil (Nil Victoria), au Nord, après avoir franchi le barrage des chutes Owen. Le Nil Victoria se dirige vers le lac Kyoga, fermé par un autre barrage, à Masindi, et, après le rapides Kuroma et les chutes Murchinson atteint le lac Albert. Au sortir de ce lac, il prend les noms de Nil Albert, puis en Tanzanie de Nil de la montagne et de Nil Blanc, appellation sous laquelle est généralement connue cette branche du grand fleuve africain.

 

 

 

 


Le lac Victoria possède de nombreuses îles. Le principal groupe est celui des îles Sesse (ou Sese), au Nord-Ouest, avec notamment Bugala, Bugaba, Buyovu, Bukasa, Lulamba, Bufumira, Bugombe (Kome). Celles-ci appartiennent à l'Ouganda, de même que le groupe d'îles qui fait face à Jinja et point de départ du Nil Victoria, parmi lesquelles les îles Buvuma , Bulolombe, Singulu et Lolui. Plus à l'Est, on trouve les îles Mfanganu et Rusinga, devant la baie Winam (Kawirondo), et qui appartiennent au Kenya. Les dernières îles à nommer appartiennent à la Tanzanie : ce sont, au Sud-Est, Ukara (Ukora) et Ukerewe (la plus grande de toutes), Nafuba, Bwiru; Au Sud, Keme; au Sud-Ouest, dans la baie Emin Pacha, plusieurs îles, dont Meisome, Rubondo et Butwa; plus au Nord, Bumbira (ou Bumbiri). 
De nombreux cours d'eau alimentent le lac Victoria. Le principal est la Kagera, considéré comme le cours supérieur du Nil et qui prend ses sources au Burundi. Viennent ensuite la Katonga, qui apporte ses eaux du lac Edward et du Lac George, puis la Nzoia, la Migori, la Mara qui ont leurs sources au Kenya. Enfin, un canal d'irrigation relie le golfe de Mwanza, au Sud du lac Victoria, à la Manonga (Manyonga), elle-même connectée par une rivière temporaire au lac 

 

 

 

 

 

Géologie
Il y a quatre millions d'années, le rift Est-africain commence à se constituer par le jeu de failles normales qui forment des horsts et des grabens organisés sur deux axes parallèles. Le léger soulèvement des bords de ces rifts provoque la formation d'une dépression peu marquée dans les terrains précambriens érodés situés entre eux. Certains cours d'eau, capturés par cette cuvette, ont alors commencé à la remplir entre 750 000 et 400 000 ans, donnant naissance au lac Victoria.
La faible profondeur du lac et son fort rapport surface/volume le rendent vulnérable aux changements climatiques. Les carottages géologiques réalisés dans les sédiments ont montré que le lac Victoria s'est asséché au moins trois fois depuis sa formation. Ces cycles d'assèchement sont probablement liés aux glaciations durant lesquelles les précipitations ont globalement diminué. Le dernier assèchement du lac remonte à 17 300 ans et son remplissage à 14 700 ans.
Climat et hydrologie
Le lac Victoria est soumis à un climat tropical dont les températures oscillent entre 16 et 27 °C. De mai à juillet, les vents du sud provoquent des déplacements de la masse d'eau vers le nord. Les pluies sont réparties tout au long de l'année mais deux périodes plus humides se distinguent en avril et en septembre-octobre. La moyenne annuelle des précipitations s'élève à 1 450 mm.Le bassin versant voit une douzaine de cours d'eau se jeter dans le lac dont la Kagera, le plus important venant de Tanzanie, du Burundi et du Rwanda. L'émissaire du lac Victoria, le Nil Blanc (Bahr-el-Abiad), s'écoule vers le nord pour se jeter dans le lac Kyoga puis le lac Albert et enfin le Nil. La portion du Nil Blanc située entre le lac Victoria et le lac Kyoga est aussi appelée Nil Victoria et serait née entre 12 000 et 14 000 ans av. J.-C. Les affluents, dont le débit varie beaucoup au cours des saisons, fournissent moins de 20 % des eaux du lac, le reste provenant des pluies. Les pertes sont en partie dues au débit sortant du Nil Blanc mais aussi à l'évaporation (variable selon les saisons et le vent) qui représente une perte de 31 à 124 millimètres par mois.Jusque dans les années 1960, le lac Victoria était assez bien équilibré au niveau hydrologique et ne subissait pas de fortes variations de niveau. En 1962, le niveau est brusquement monté à la suite de fortes pluies et s'est maintenu par la suite, bien que présentant une légère diminution. À partir de 2004, un changement important s'est amorcé avec une diminution du niveau du lac de deux mètres en deux ans. La cause de cette baisse serait le manque de pluies qui agit aussi bien directement sur le lac que sur les apports des affluents.

 

 


Ecologie du lac


 



 

 


Phénomène d'eutrophisation
Le lac subit un phénomène d'eutrophisation important et d'origine humaine. Par exemple, le taux de phosphore a doublé au cours du XXe siècle. Cette augmentation est en grande partie due au rejet des déchets de dépeçage de la perche du Nil, effectué sur les rives du lac, ainsi qu'à une action conjuguée de la surpopulation (aussi bien au niveau des humains que des animaux domestiques) et de la déforestation. Ce phénomène est sans doute à l'origine de l'explosion démographique des bactéries du type Cyanobacteria dont la population a été multipliée par sept depuis la seconde moitié des années 1960. Ces bactéries ont commencé à former de grandes étendues à la surface du lac dans les années 1980 et peuvent causer la mort des poissons par consommation du dioxygène lors de leur décomposition.
Envahissement par la jacinthe d'eau
Depuis plusieurs années (1980 en Ouganda et 1990 au Kenya), le lac subit un envahissement massif de la Jacinthe d'eau (Eichornia crassipes), une plante aquatique originaire d'Amérique tropicale. Cette plante bloque la progression des bateaux, gêne la pêche et la production d'énergie hydroélectrique, pollue l'eau de boisson et provoque la disparition de la faune dans certaines zones. Elle gêne en effet le passage de la lumière, empêchant le développement d'algues vertes dont se nourrissent certaines espèces de poissons, empêche l'oxygénation de l'eau de surface et sa décomposition consomme une telle quantité de dioxygène que le milieu devient rapidement hostile

 

 

 

 

  


 

 

 

Lutte écologiqueUn programme d'élimination de la plante a été effectué, faisant intervenir essentiellement un ramassage de celle-ci et une tentative d'introduction de charançons (Neochetina eichhorniae et Neochetina brushi) se nourrissant de jacinthe d'eau. En 1995, 90 % de la côte de l'Ouganda était couverte par la plante mais la lutte contre elle à porter ses fruits. S'il est possible d'atteindre un équilibre, cette plante pourrait se montrer utile car elle est capable de métaboliser le phosphore en excès. De plus, du fait de la faible teneur de l'eau en dioxygène au niveau de ses racines, elle tient à distance la perche du Nil. On a ainsi rencontré parmi les racines de jacinthe d'eau, en bordure des eaux libres, des espèces de poissons considérées disparues ou en danger qui, moins exigeantes en dioxygène, trouvent là un refuge. Mais quand on s'enfonce dans la densité du tapis végétal, le milieu devient anoxique et toute vie disparaît

 

 


DémographieLe lac Victoria est situé au cœur d'une dorsale de peuplement correspondant aux hautes terres africaines courant de l'Érythrée à l'Afrique du Sud en passant par le Rwanda et le Malawi.
Ses pourtours densément peuplés (246 hab/km2) contrastent avec les vides humains qui, en ce qui concerne la région du lac Victoria, correspondent à l'Ouest au bassin congolais et à l'Est au plateau steppique de l'Afrique orientale.
Les abords du lac forment par ailleurs une zone de contact entre populations de groupes linguistiques différents, d'une part les locuteurs de la famille nilo-saharienne qui peuplent le Sud-Soudan, le Nord du Kenya et de l'Ouganda et qui se retrouvent surtout dans la zone Nord-Est du lac (Luo, Kalenjin) et d'autre part les populations de langues bantoues peuplant toute l'Afrique australe et qui atteignent dans la zone du lac leur limite septentrionale (Ganda, Sukuma, Soga, Luhya, etc).
Les riverains du lacs se servent de swahilis, langues de la famille bantou comme langue véhiculaire. Ils sont majoritairement de religion chrétienne, catholiques et protestants

 

 


Entre pollution, maladie et bassin de vie
Le lac Victoria, important lac Africain, voit son écosystème se dégrader nettement avec la disparition de sa biodiversité, la concentration de nombreux polluants et de maladies qui affectent la vie des travailleurs côtiers et de leurs familles.
Le lac Victoria poumon économique et zone sinistréeIle est la source du Nil Blanc (Bahr-el-Abiad), le plus grand affluent du Nil. Il fait vivre plus de 30 millions de personnes qui vivent sur ses rivages au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie et représente à ce titre un véritable poumon économique pour l'Afrique de l'Est.
Autrefois symbole d'une importante biodiversité, l'Homme y a introduit dans les années cinquante la célèbre perche du Nil, un poisson apprécié notamment par les européens qui a offert des débouchés commerciaux pour les habitants au détriment de l'économie locale. En effet, la perche du Nil est un féroce prédateur qui a pratiquement épuisé la faune aquatique locale (qui comptait plus de 200 espèces de poissons) tout en accroissant la dépendance des pêcheurs.
A ce titre, le récent film "le cauchemar de Darwin" a mis en perspective le commerce de la perche du Nil vers l'Europe, les conditions effroyables de vie des habitants victimes d'une économie qui leur échapperait et dont l'un des bénéficiaire serait le marché de l'armement, alimentant des conflits qui ravagent la région, même si la réalité est sans doute plus nuancée.

 

 


Un lac victime d'une importante pollution

De surcroît, le lac sert de déversoir pour les industries, les égouts et les entreprises de nettoyage tout en profitant aux habitants dans leurs tâches quotidiennes : consommation d'eau, vaiselle, lavage... Au Kenya, sur de nombreuses plages de pêcheurs, les mêmes scènes quotidiennes se répètent : des femmes viennent puiser l'eau non loin de la berge polluée.
Par exemple, sur une plage de Kisumu (Kenya), pas moins de 500 véhicules sont lavés quotidiennement dans le lac par 300 jeunes hommes, pour un salaire journalier d'environ 300 shillings (3,5 euros). Pourtant, un panneau indique clairement que cette activité est illégale. Bien sûr, les personnes qui font ce travail le savent bien : elles participent à la pollution du lac et à la détérioration de leur santé mais comment faire pour subvenir à ses besoins primordiaux : manger ? "chaque jour, des millions de litres d'égouts non traités sont déversés dans le lac depuis les centres urbains", relève un rapport du Programme de l'ONU sur les Grands Lacs publié en 2006.

 

 

 

 

 

 

Une hygiène catastrophique

Les conditions de travail et le manque d'hygiène fait que "100% des laveurs de voiture ont la bilharziose. Il est très rare de voir des personnes en bonne santé parmi celles qui ont des activités liées au lac", témoigne Diana Karanja, membre du Kemri, basé à Kisumu. La bilharziose est une maladie tropicale qui touche plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde et qui se contracte au contact de l'eau souillée. Cette contamination se traduit par des réactions cutanées : rougeurs, prurit puis trois semaines plus tard apparaissent une fièvre et une éruption cutanée. La présence du parasite peut entraîner des complications intestinales, pulmonaires et neurologiques. Environ 1 000 personnes travaillent autour de cette plage et il n'y a qu'une seule latrine, payante. Du coup, les gens utilisent des toilettes en plein air", déplore Erick Muok, 28 ans, chercheur à l'Institut kényan de recherche médicale (Kemri). Rien que sur la côte kényane du lac, "il existe 20 sites semblables de laveurs de voiture", ajoute-t-il. Bilharziose, choléra, pneumonie, vers intestinaux, diarrhée, maladie de peau figurent parmi les "maladies d'eau" qui touchent les personnes travaillant dans ou au bord du lac. "En terme de quantité et de qualité de l'eau (du lac), la situation est mauvaise et s'aggrave", confie Ladisy Chengula, spécialiste des ressources naturelles au bureau de la Banque mondiale à Nairobi. "La situation sanitaire (autour du lac) devient alarmante", relève Daniel Olago, enseignant universitaire à Nairobi et l'un des auteurs du rapport de l'ONU. Selon lui, les amendes frappant les industries polluantes installées au bord du lac (café, thé, coton, maïs, sucre, bière, etc.) "ne sont pas assez importantes" pour être dissuasives

 

 

 

 

 

 

 


Un lac qui s'appauvrit et qui voit son niveau diminuer
Le niveau du lac, dont l'apport en eau dépend à 80% des précipitations et pour 20% des rivières, a "baissé de 1,5 mètre lors des quatre dernières années", affirme M. Chengula, ajoutant: "en janvier dernier, le lac n'était que 17% au dessus du plus bas niveau enregistré en 1923". "L'un des problèmes majeurs est la quantité de sédiments déversés dans le lac, à cause de méthodes agricoles médiocres et de la déforestation pratiquée par les habitants pour le bois de chauffe", témoigne M. Olago. Un phénomène qui accroît l'eutrophisation du lac, c'est-à-dire son appauvrissement en oxygène.Au final, la situation empire : plus la misère progresse, "plus les gens ont besoin du lac pour survivre" et moins ils respectent les ressources naturelles, relève Mme Karanja. "Cette situation doit être inversée, sinon nous atteindrons le point critique où le lac ne sera plus utile" pour personne, avertit-elle.
Fin mars 2006, le Gouvernement japonais et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont signé un contrat de deux millions de dollars pour la démobilisation, le désarmement, la réhabilitation et la réinsertion des jeunes anciens combattants dans la région des Grands Lacs d'Afrique ravagée par la guerre

 

 

 

 

 

 

 

 

Pollution
La demande croissante en perche du Nil et en tilapia (deux espèces de poisson très appréciées) sur les marchés internationaux a provoqué une augmentation du nombre de pêcheurs sur les eaux du lac.Des dizaines de bateaux de pêche sillonnent le lac chaque nuit, pour approvisionner dix-huit usines de traitement en Ouganda.Selon les chercheurs, le carburant qui s'échappe de ces embarcations constitue un poison pour les plantes aquatiques, qui sont vitales pour l'alimentation des poissons et servent de lieux de reproduction pour les poissons

 


La fin d’un lac ?A l'échelle de l'humanité, la perte sera irremplaçable et irréparable
A Kisumu, des fonds destinés à la lutte contre la pollution ont été mobilisés pour renforcer les capacités de l'usine de traitement d'eaux de la ville. Les stations-services improvisées, où des usagers viennent laver leurs voitures sur les rives du lac, devraient aussi être déplacées, ayant été, elles aussi, identifiées comme source de pollution. Les présidents kenyan, tanzanien et ougandais ont récemment lancé une Commission du Lac Victoria, pour assurer une exploitation durable de cette précieuse ressource.

 

 

 

 

 

 

 

 


A grand renfort de détergent, un jeune homme lave un bus sur une plage kényane du lac Victoria. Une femme fait sa vaisselle dans une eau polluée par des rejets industriels et les égouts. Journée ordinaire pour le plus grand lac d'Afrique, vecteur de maladies et dont l'avenir inquiète.
.
Pour un limnologue, la pollution d'un lac est pire que la pollution d'un cours d'eau !
En effet dans des eaux stagnantes, les matières polluantes sédimentent au fond du lac et il n'y a jamais de crues pour nettoyer le substrat qui s'envase et s'empoisonne à jamais.

On a beau stopper les sources de pollution d'un lac, si trop de sédiments (érosion des sols), trop de métaux lourds (industries), trop de  détergents, trop de phosphates, etc s'y sont accumulés,  un lac peut s'eutrophiser définitivement.
C'est d'ailleurs sa finalité avant son comblement. Mais à une échelle géologique. 
La perche du nil, reine du lac
Malgré le développement de la pêche sportive en ces eaux, plusieurs spécimens dépassant les 100 kg ont été capturés..
Mais il y a bien plus gros, puisqu'un monstre de 232 kg a été capturé par des pêcheurs locaux ! Magnifique poisson aux allures de black-bass géant, elle sait se servir de sa ruse et de sa puissance afin de profiter du moindre obstacle.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

La méchante perche du Nil,se tue elle même ?
La perche du Nil a mauvaise réputation dans le monde écolo. En effet à l'époque de son introduction dans le lac Victoria on recensait plus de 500 espèces différentes, aujourd'hui 68% des prises sont des perches du Nil pour 1% d'autres espèces.
En 2006 on pêchait plus de 650 000 tonnes de ce poisson et aujourd'hui 310 000 tonnes, soit divisé par deux.
Le poisson donne donc aujourd'hui des signes de faiblesse : la taille moyenne des prises est passé de plus de 50cm avant 2007 à 26cm aujourd'hui. La part de la perche dans les captures baisse et le revenu des pêcheurs s'en ressent.
En effet pour les pêcheurs cette espèce est une mine d'or, ils estiment que certes elle est responsable de la mort de la biodiversité des espèces du lac mais elle les fait vivre. Il faut donc sauver la perche, d'après eux !
Pour la sauver des objectifs ont été fixés : stabiliser les prises 
en suivant l'état du stock, en éliminant la pêche illégale et le prélèvement de poissons trop petits. 
Mais la perche du Nil peut-elle devenir durable ? C'est l'objectif en tout cas de l'ONG allemande Naturland. Elle a lancé en 2009 avec 600 pêcheurs, une perche certifié Naturland, qu'on trouve sur les étals en Allemagne. Le label garantit que les poissons ont été pêchés légalement et que les communautés de pêcheurs voient leurs conditions de vie améliorées (transparence sur les prix d'achat, accès aux soins, à la scolarité...).
Certes ce poisson est nocif mais il permet de subvenir à la population, entre social et écologie il est difficile de choisir...

 

 

 

 

 

 

 


Dans les années 1950, la perche du Nil a été introduite dans les eaux du lac Victoria, le plus grand lac tropical au monde.
Ce lac présentait la particularité d'abriter une quantité considérable d'espèces indigènes, principalement plusieurs centaines d'espèces de cichlidés, fruit d'une diversification explosive depuis la (re-)création du lac il y a 12000 ans jusqu'à l'introduction de la perche du Nil.
La perche s'est remarquablement adaptée à cet environnement, au détriment des espèces locales. Alors qu'en 1977, les prises de cichlidés représentent encore 32 % du tonnage pêché et celles des perches du Nil 1 %, 6 ans plus tard les prises comportaient 68 % de perches du Nil pour 1 % de cichlidés.
Le groupe de spécialistes des espèces de l'IUCN[ inclut le Lates niloticus parmi les pires cent espèces invasives du monde.
Cependant, malgré la disparition d'un grand nombre d'espèces de cichlidés, les tonnages décollent : 1000 t en 1978, 100 000 t en 1993 pour le seul Kenya — la Tanzanie exporte la perche du Nil en direction de l'Union européenne comme sa principale rentrée de devises : 500 tonnes de filets sont envoyées quotidiennement de l'aéroport de Mwanza, sur le lac Victoria. Un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, publié en 1987, conclut que « la présence de la perche du Nil dans les pêcheries du lac Victoria" constitue "un developpement extrêmement positif du point de vue du bien-être humain »[2].
Le film Le Cauchemar de Darwin du réalisateur autrichien Hubert Sauper dénonce en 2004 l'exploitation de la perche du Nil et ses conséquences, que l'auteur utilise comme une parabole des problèmes de l'Afrique tels qu'il les perçoit.
À la fin des années 2010, la surpêche menace l'espèce : on est passé de « 654 000 tonnes de poisson dans le lac en 2006 contre 310 000 aujourd'hui » souligne Brian Marshall, de l'Organisation des pêches du lac Victoria
un système écologique perturbé
Un des exemples les plus spectaculaires de modification des peuplements ichtyologiques est celui du lac Vicoria, ou des centaines d'espèces endémiques de cichlidé sont actuellement menacées ou ont disparu. L'histoire de ce qui a pu être considéré comme un désastre écologique est complexe et fait intervenir différents facteurs. Tout commence au début des années 1960 lorsque, après de sérieuses controverses, le "capitaine" Lates niloticus fut introduit délibérément dans le lac Victoria pour améliorer la pèche artisanale et encourager la pèche sportive. Cette espèce prédatrice s'est bien adaptée à son nouveau milieu, au point de constituer à l'heure actuelle l'essentiel de la pèche commerciale en plus du Lates quatre espèces de Tilapia ont également été introduites dans le lac Victoria durant les années 1950 : Oreochromis niloticus et Oreochromis niloticus pour renforcer le stock de Tilapias indigènes qui était surexploité, Tilapia zillii pour consommer les machrophytes qui n'étaient pas utilisés par les espèces importantes commercialement et Tilapia melanopleura par accident.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'introduction d'un prédateur dans un écosystème aquatique peut avoir des conséquences sur le fonctionnement biologique du système par le biais des chaînes trophiques. Un exemple spectaculaire de cascade trophique est donc, celui consécutif à l'introduction du "capitaine", dans le lac Victoria, qui serait responsable de la quasi-disparition dans les années 1980 du groupe détritivore/phytoplanctonivore des Haplochromines (Cichllidae endémique), ainsi que du groupe des zooplanctonivores qui constituait respectivement 40% et 16% de la biomasse de poissons démersaux. Les détritivores ont été remplacés par la crevette indigène Caridina nilotica et les zooplanctonivore par les Ciprinidae pélagique Rastrineobola argentea, ces deux dernières espèces étant devenue la nourriture principale des "capitaines" après la disparition des Haplochromines. 

 

 


Cette situation fut considérée comme une catastrophe écologique dans la mesure ou le lac victoria au même titre que les lacs Tanganyika et Malawi, est un véritable laboratoire naturel de l'évolution ou la spéciation est en cours de nos jours. L'introduction du Lates avait donc profondément perturbé ce patrimoine scientifique unique au monde. Des pèches expérimentales ont démontrés que 80% de 123 des espèces d'haplochromines pécher au sud du lac Victoria avait disparu des captures après 1986. Des indications démontrent aussi que d'autres populations d'espèces de poissons ont régressé dans le lac Victoria après l'introduction du "capitaine", c'est le cas pour Clarias gariepinus et Bagrus docmak, en raison probablement de compétition et de prédation avec le Lates. La capture d'espèces benthique comme Synodonthis afrofischeri et Synodontis victoriae a également diminué alors qu'en raison de comportement pélagique une espèce tellle que Shilbe intermedius semble moins touché. 

Mais il est apparut rapidement que le Lates n'était peut-être pas la seule cause de la disparition des cichlidae endémiques et que des techniques de péche prohibées comme le chalut avait sérieusement perturbé les populations de ces espèces. Les résultats d'une campagne d'échantillonage dans le lac Victoria montrèrent également que les populations de cichlidae étaient beaucoup plus abondantes et diversifiées dans les zones misent en réservé et ou la péche est interdite, ainsi que dans les zones peu peuplées ou la pression de pèche est plus faible.

si les grands lacs Africains (Malawi, Victoria, Tanganyika) ont fourni un exemple probant de très grande diversité spécifique avec leurs Cichlidés endémique, ils constituent également un cas historique d'extinction massive d'une partie d'entre elles, puisque plus de deux cents cinquante espèces ont étés exterminées dans le lac Victoria au cours des dernières décennies.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférence réalisée par Eric membre et animateur du cercle aquariophile jurassien et du www.forumducaj.org

 

×